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VOX CLAMANTIS IN DESERTO

mardi 18 octobre 2011

Pour une fois Sidi Yahya fait salle vide au CCF !


Ce n’est pas faute d’avoir exposé les meilleures traces de son exposition dernière «  Traces », mais la météo a cloué sous la clim tous les amateurs de Sidi Yahya et Dieu sait qu’ils sont légion. Pourquoi Sidi Yahya nous a-t-il réchauffé les traces des traces qui, dieu merci, n’en finissent pas de tracer leur route ? D’habitude les expositions de Sidi Yahya sont des événements dans le lanterneau culturel mauritanien. Jamais il n’exposait moins de 50 ou 70 toiles, là ce furent 24 pièces de collection to the happy few…

J’ose croire que mon ami voulait montrer au nouveau directeur du CCF que Sidi Yahya n’est pas petit chez lui, ce qui est vrai mais c’était compter sans le climat qui fit venir jusqu’à tard dans la nuit un vent sec, chaud, sans pitié qu’on appelle chez nous « irivi ». A ce seul mot, les fenêtres des chaumières se ferment pour la journée et plus rien ne bouge plus en ville, sauf service d’urgence ou obligations professionnelles, en attendant que la mer «  rote » selon la traduction littérale de l’expression hassanyienne signifiant la fin de l’irivi pour un vent de mer tout doux…

De plus, celles et ceux qui ont pu affronter l’irivi pour ne pas manquer la rentrée de l’homme qui trace comme il avance, sauf que cette fois-ci, il était au point mort, ceux-là ont dû ensuite subir un autre irivi encore plus irivien : l’absence de climatisation sans la salle d’expo ! Un four, un micro-ondes excellent pour les rhumatismes mais guère hospitalier en temps d’irivi… On espère qu’avec le nouvel ambassadeur, le nouveau directeur du CCF, les nouvelles charmantes, viendra un tout nouveau climat dans cette salle d’expo en y mettant deux clims pour les jours d’apparat…

L’idée n’est pas de moi, mais d’une charmante qui fit remarquer ce vide climatique insensé pour une salle d’expo en terre désertique, irivienne, en un mot : sahélo-saharienne !

A part ça, la nouveauté au CCF, c’est que désormais même si vous arrivez avec le retard de rigueur, vous pourrez trouver un verre de bissap frais et un plateau de petits fours ayant réchappés aux morfals ! Cette surprise est le fruit d’une nouvelle stratégie gastronomique née des implacables statistiques en matière de rafle de buffet.

Je m’explique : d’habitude, dès 18H30 un magnifique buffet garni des mille et un délices du traiteur de service s’étale dans un rayon respectable… Le parterre étant timide tant que le soleil ne s’est pas couché, la politesse et la bonne éducation des amis de l’art font que ce petit monde entoure en toute discrétion ledit buffet en attendant le top du « hawoissé ». Impossible de traduire Hawoissé. Passons. Toujours est-il que par un stratagème de sioux, on passait sans crier gare du savoir-vivre aux aguets à un siège en bonne et due forme du buffet.

Ainsi, tout d’un coup, en quittant d’un œil une toile pour savoir où en était le service, les moins aguerris voient de l’autre côté du monde, un nuage de sympathisants encerclant le buffet de sorte qu’il était impossible à un non-initié d’atteindre de la main ou même de l’œil hagard un petit gâteau complexe ou un beignet lambda. Le temps de quitter définitivement des deux yeux les toiles pour se joindre à la joyeuse goinfrerie, ne voilà-t-il pas que par un ressac coordonné par l’effet de l’arrivage, un buffet vide vous interpelle à temps pour vous dire «  halte-là, c’est fini ! »

Désormais, à la place du buffet respectable, on trouvera une petite table sous bonne garde, dieu merci ! avec la nouveauté que la taille en moins est compensée par un service en plus ! Ainsi, finie l’époque du tout étalage, désormais les plateaux débarquent au gré des visiteurs… Bravo !

Pour le reste, maintenant que le vent a tourné, n’hésitez pas à aller voir la nouvelle fournée des traces sans réchauffé selon l’artiste. C’est admirable pour qui a connu notre ami Sidi Yahya de jadis. Là c’est du Yaya heureux, machallah !  Malheureusement, Yaya étant devenu notre Miró national, ses toiles ne sont plus accessibles au commun des motels, quoique 71.OOO un YAYA soit un investissement sur l’avenir, une sorte de placement sans risque. Les collecteurs qui aiment sans compter trouveront des pièces à la mesure de leur plaisir à savoir 137.000, ce qui n’est rien car on se souvient d’un sidi Yaya à 175 ou 195 OOO avant la crise…

C’est la preuve que les arts plastiques en Mauritanie se portent à merveille ! Nouakchott est même un tremplin pour certains étrangers qui d’ici s’envolent pour l’autre bout du monde. Voyez par exemple, notre sympathique Kébé, le plus mauritanien des artistes sénégalais ! Eh bien de Nouakchott il a obtenu une exposition au Japon ! N’est-ce pas formidable ? Kébé si tu nous lis de Fukushima, on te salue !

Pour finir, on vous laisse avec les titres de Sidi Yaya qui valent à eux seuls les toiles. Sidi Yayha est un poète. C’est aussi l’artiste mauritanien qui a fait le plus de métiers : un personnage à part. Ses titres devraient être vendus à part tellement ils sont féériques. Lisez, vous voyagerez avant même d’aller voir les toiles face auxquelles nous ne pourrez inchallah pas vous empêcher de craquer…


1-mémoire en relief

2-paysage mental

3-traces distinctives

4-lignes de fracture

5-prix de la liberté

6-regard empêché

7-mouvement spontané

8-aspirations légitimes

9-traces balbutiantes

10-ligne d'esprit

11-le scintillement repêché

12-murmures antérieurs

13-bijoux galactiques

14-rendez-vous céleste

15-rides palpitantes

16-mouvements rimés

17-regard dérobé

18-identité persistante

19-nuits d'orient

20-mémoire poussiéreuse

21-face au temps

22-lendemains roses

23-danse victorieuse

24-itinérance

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